Mise en pratique

Registre des usages d'IA : à quoi il sert et ce qu'il doit contenir

Commençons par l'honnêteté : le règlement n'impose pas de registre aux entreprises utilisatrices. Il n'en reste pas moins la pièce la plus utile de tout le dossier, et voici pourquoi.

Mis à jour le 4 août 2026 · 6 min de lecture

Classeur de documents et ordinateur portable sur un bureau organiséImage générée par IA

Ce que le règlement impose, et ce qu'il n'impose pas

L'article 12 prévoit des obligations d'enregistrement automatique pour les systèmes à haut risque, et l'article 26 impose aux déployeurs de ces systèmes de conserver les journaux générés. Pour un usage courant d'IA générative en PME, aucune obligation formelle de registre n'existe.

Nous préférons le dire plutôt que de vendre une obligation imaginaire. Le registre ne se justifie pas par le texte. Il se justifie par la preuve.

Trois situations où il change tout

Un contrôle. L'autorité ne demandera pas votre registre par son nom. Elle demandera quels systèmes d'IA vous utilisez, pour quelles finalités, depuis quand, et quelles mesures vous avez prises. Sans document, la réponse se construit dans l'urgence et se contredit d'un interlocuteur à l'autre.

Un appel d'offres. Les questionnaires fournisseurs des grands comptes intègrent désormais des rubriques sur l'usage de l'IA. Un tableur à jour se joint en trente secondes. Sans lui, le dossier part incomplet.

Un incident. Une fuite de données clients dans un prompt, une décision fondée sur une sortie erronée. Le registre est ce qui permet de dire quel outil, quel service, quelles données, et de circonscrire.

Les colonnes à prévoir

ColonnePourquoi elle sert
Nom de l'outil et éditeurIdentifie le fournisseur et donc le partage des responsabilités
Usage et finalitéDétermine si l'article 50 s'applique
Service ou personne responsableDésigne un interlocuteur en cas de question
Types de données traitéesFait le lien avec votre registre RGPD
Contact avec le public, oui ou nonDéclenche ou non l'obligation de signalement
Lieu d'hébergement des donnéesQuestion systématique en appel d'offres
Date de mise en serviceSitue l'usage par rapport aux échéances réglementaires
Mesures prisesMention affichée, charte signée, formation suivie

Huit colonnes suffisent. Un registre de trente colonnes n'est jamais tenu à jour, et un registre obsolète est pire qu'aucun registre : il documente votre négligence.

L'erreur la plus fréquente

Ne recenser que les outils achetés. Dans la plupart des PME, l'essentiel de l'usage réel passe par des comptes gratuits ouverts par les salariés eux-mêmes, sans validation, souvent sans que la direction le sache.

Le recensement honnête commence par une question posée à chaque service : quels outils utilisez-vous réellement, y compris ceux que vous n'avez pas déclarés. Sans reproche, sinon la réponse sera fausse. C'est aussi la raison pour laquelle la charte d'usage et le registre se construisent ensemble.

Articulation avec le registre RGPD

Les deux documents se recoupent sans se confondre. Le registre des traitements de l'article 30 du RGPD décrit des traitements de données personnelles. Le registre des usages d'IA décrit des systèmes, y compris ceux qui ne touchent aucune donnée personnelle, comme un générateur d'images.

La bonne pratique consiste à ajouter une colonne de renvoi de l'un vers l'autre. Un outil d'IA qui traite des données personnelles doit apparaître dans les deux.

À quelle fréquence le mettre à jour

Deux fois par an suffit pour une PME stable, plus une mise à jour à chaque nouvel outil déployé. Ce qui compte, c'est que la date de dernière revue figure en tête du document. Un registre daté de dix-huit mois envoie un signal plus mauvais qu'un registre plus court mais revu le mois dernier.

Le modèle

Notre pack Conformité Article 50 livre le registre sous forme de tableur éditable, préstructuré par outil et par usage, avec les colonnes ci-dessus et un onglet d'exemples remplis correspondant aux outils les plus courants en PME. Il est accompagné de la charte d'usage salariés et de la procédure de marquage des contenus.

Questions fréquentes

Le registre des usages d'IA est-il obligatoire ?

Non, pas pour un usage courant d'IA générative en PME. Les obligations d'enregistrement des articles 12 et 26 visent les systèmes à haut risque. Le registre reste toutefois le moyen le plus simple de prouver votre conformité en contrôle ou en appel d'offres.

Peut-on fusionner le registre IA et le registre RGPD ?

Ce n'est pas recommandé. Ils n'ont pas le même objet : l'un décrit des traitements de données personnelles, l'autre des systèmes d'IA, y compris ceux qui n'en traitent aucune. Mieux vaut deux documents avec une colonne de renvoi.

Faut-il y inscrire les comptes ChatGPT gratuits des salariés ?

Oui, et c'est souvent l'essentiel de l'usage réel. Un registre qui ne recense que les outils achetés donne une image fausse de votre exposition.

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